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Sacrées respectivement meilleure artiste féminine et meilleure artiste rappeuse lors de la 6e édition de Congo best Awards, Mariusca Moukengue et Jessy B ont encore fait parler d’elles. Leur distinction n’est pas le fruit du hasard car par leurs performances individuelles, les deux jeunes artistes congolaises ont marqué l’année 2024 sanctionnée par des tournées sur la scène nationale, continentale et internationale.


Rodrigue Nguesso. Richesse culture Congo Brazzaville. Sacrées respectivement meilleure artiste féminine et meilleure artiste rappeuse lors de la 6e édition de Congo best Awards, Mariusca Moukengue et Jessy B ont encore fait parler d’elles. Rodrigue Nguesso News richesses culturelles Congo Brazzaville
Les artistes congolaises Mariusca Moukengue et Jessy B/DR

Les voix de Jessy B et Mariusca Moukengué impressionnent, leurs discours encore plus car, malgré leur jeune âge, elles ont des choses à dire. Sans peur, elles sortent de leur coquille et osent désormais déployer leurs ailes, ayant pris de l’assurance. Elles n’ont rien à prouver au monde si ce n'est ce rapport à leur vécu, à la société congolaise et bien évidemment au monde qui va à la dérive. Dans un véritable jeu de miroirs, elles dépeignent sans tabou les facettes sombres de la société, invitent à la prise de conscience via des conseils. A cette exploration s’ajoute la force de la plume singulière qui frappe en plein cœur grâce à leur flow agile et leurs talents grands ouverts sur le monde. En afro-rap, en slam et autres sonorités, elles évoquent des thèmes comme le développement des mentalités, l’éveil de conscience de la jeune femme congolaise, la dépravation des mœurs, l’épanouissement de la culture, ainsi que l’atomisation financière de la jeunesse. Des sujets qui fâchent, certes, mais qu’elles mettent en lumière pour une prise de conscience générale au regard de la recrudescence du banditisme au Congo.


En effet, le talent et la présence de Mariusca Moukengue, en tant que femme dans l’univers du slam, ont fortement influencé la jeunesse congolaise. Passionnée par la poésie urbaine depuis 2015, elle est aujourd’hui l’une des artistes qui fait la fierté du Congo sur la scène nationale, continentale et internationale. Engagée et inspirée par des figures féministes fortes comme Michel Obama, Kimpa Vita, elle est à la fois slameuse et formatrice, comédienne et critique d’art. Mariusca Moukengue a trouvé dans l’art sa meilleure façon de faire des suggestions, de revendiquer les droits de sans voix, de blâmer la dictature dans toutes ses formes et somme toute, de déclamer son idéal. Sur la scène internationale, elle se distingue par ses textes décisifs et emprunts d’humanisme. Son engagement social l’a amenée à se lancer, en 2018, dans l’aventure "Slamunite", un projet panafricain qui vise à faire la promotion du slam comme thérapie en milieu juvénile à travers des ateliers, des rencontres, des spectacles en faveur des personnes démunies. « Slamunité », c’est aussi le souci de former plus de jeunes à la pratique du slam, d e les interconnecter avec les aînés et de faire par conséquent la promotion de la poésie urbaine. Mariusca Moukengue est aussi l’initiatrice du Festival panafricain de slam au Congo, « Slamouv ». L’événement se veut un porte-étendard de la poésie et des poètes du Congo et d’ailleurs.


Par ailleurs, Jessy B, lauréate 2023 du prix Découvertes RFI, a marqué l’année dernière par ses nombreuses prestations. De Paris en France, en passant par Dakar au Sénégal, Ndjamena au Tchad, Goma en République démocratique du Congo, Kigali au Rwanda, l’artiste a, par ailleurs, au cours de l’année écoulée, démontré au monde son savoir-faire, son talent et son professionnalisme et prouvé qu’il faudrait désormais compter sur elle pour l’avenir de la musique urbaine congolaise. Fille du rappeur Biggerman, Jessy B a commencé sa carrière musicale à l’âge de 19 ans en signant avec le label Color optic studios de Brazzaville. Son premier titre, « Joli bébé », lui a valu un début de notoriété, une notoriété confortée par le prix « Scène tremplin Mboté hip-hop » en 2019. En 2020, elle est élue révélation féminine pour brazza best awards . Viennent ensuite les freestyles intitulés « PRC » et les titres comme « Je m’en fous », « Ouais je le sais », « Ça va aller », « Moi aussi », « Ne doute pas ». Elle est rapidement saluée par le grand public congolais, mais également à travers l’Afrique centrale et dans la diaspora. L’artiste a été nommée en 2023, après le Festival panafricain de musique, meilleur rappeur de l’Afrique centrale.


Article de Cissé Dimi publié le 7 février 2025 sur adiac congo

 
 
  • Photo du rédacteur: Rodrigue Nguesso Officiel
    Rodrigue Nguesso Officiel
  • 7 févr. 2025
  • 1 min de lecture

L’Institut français du Congo (IFC) invite les comédiennes, percussionnistes, danseuses et chanteuses à postuler au plus tard le 11 février en vue de bénéficier d’une résidence artistique.

Rodrigue Nguesso. L’Institut français du Congo (IFC) invite les comédiennes, percussionnistes, danseuses et chanteuses à postuler au plus tard le 11 février en vue de bénéficier d’une résidence artistique. Rodrigue Nguesso.

La résidence artistique initiée par l’IFC en partenariat avec le centre d’art Diangouaya recherche neuf filles ou femmes ayant une expérience artistique d’au moins deux ans en percussion, danse, théâtre, conte ou chant. Au terme de l’appel à candidatures, les artistes retenues seront soumises à une audition qui se tiendra du 12 au 13 février de 9h à 13h à l’IFC. Selon l’IFC, « les candidates devront se présenter avec deux à trois instruments de musique qu'elles maîtrisent. Les candidates auront deux textes à mémoriser pour le jour de l'audition qui sont visibles en cliquant sur le lien de l'inscription) ».


S’agissant de la résidence de création, celle-ci se déroulera du 4 au 30 mars entre le centre d’art Diangouaya et l’IFC. A l’issue de la formation, il est prévu un spectacle de sortie de résidence, le 27 mars, puis trois représentations au centre d’art Diangouaya ainsi qu’une petite tournée dans les établissements scolaires de Brazzaville.


Pour rappel, les candidatures à la résidence sont ouvertes au plus tard le 11 février.


Article de Merveille Jessica Atipo publié sur adiac congo le 7 février 2025

 
 

Bavon Kouété est un artisan-sculpteur qui vit de son métier depuis des décennies à Pointe-Noire, la deuxième ville du Congo. Il tente d’attirer les jeunes pour que ce métier se pérennise.


Rodrigue Nguesso. Richesse Congo culturel. Bavon Kouété est un artisan-sculpteur qui vit de son métier depuis des décennies à Pointe-Noire, la deuxième ville du Congo. Il tente d’attirer les jeunes pour que ce métier se pérennise. Rodrigue Nguesso richesse congo culture
L'artisan Bavon Kouété devant son point d'exposition de vente d'objets d'art sur la devanture du stade Anselmi de Pointe-Noire. © Loïcia Martial / RFI

Chemise à carreaux, sandales en caoutchouc, Bavon Kouété, taille moyenne, 60 ans, a les bras croisés devant son point d’exposition et de vente de produits sculptés, devant le stade Franco Anselmi au centre-ville de Pointe-Noire. Au départ, il évoluait avec ses amis au Village des voiliers, à un jet de pierre de l’océan. Puis, il a gagné le centre de Pointe-Noire, au Congo-Brazzaville


Bavon Kouété est né dans l’art. Son père l’a l’initié dès son plus jeune âge : « Quand je revenais des cours, je restais à côté de mon père, je l’assistais... Donc, il m’apprenait », témoigne-t-il. Dans son petit point de vente de quelques mètres carrés, il nous présente tout ce qu’il fabrique : « Nous avons des animaux tels des rhinocéros, des girafes. Nous avons des totems, des femmes congolaises habillées. De l’autre côté, nous avons des tapis en raphia, nous avons aussi des masques de différentes ethnies du Congo, de la RDC et du Gabon », énumère-t-il. L'artisan, qui passe son temps à sculpter, est aussi détenteur d’un bac+3. Il a suivi une formation en gestion.


« Nos frères congolais commencent à aimer l’art »


Hier, ses principaux clients étaient des expatriés basés dans la ville océane. Désormais, dit-il, les Congolais s’intéressent à acheter les œuvres des artisans. « Nos frères congolais commencent à aimer l’art : ils s’approchent petit à petit et ils achètent. Nous faisons des prix justes : je souhaite avoir 10 000 FCFA (par objet), mais si vous avez 5 000 FCFA, je ne peux pas vous laisser partir. Donc, nous conservons quand même les clients», analyse l’artisan.


Le sexagénaire souligne que la relève pourrait manquer un jour. « Aujourd’hui, nous n’avons pas de jeunes gens qui s’adonnent [à cet art]. Ils s’éloignent de nous et veulent toujours [traîner dans] la rue. Nous souhaitons qu’ils viennent. C’est le temps d’apprendre. Nous n’avons pas de relève et nous la cherchons », lance-t-il.


Père de sept enfants, dont quatre garçons qui préfèrent l’informatique, Bavon regrette que les jeunes ne s’intéressent pas à ce qu’il considère comme le meilleur métier du monde.


Article de Loïcia Martial publié le 6 février 2025 sur RFI

 
 

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